Un paranoïaque aigüe (Michael Shannon) trouve le réceptacle à son tourment chez une jeune femme paumée (Ashley Judd), elle même recluse dans l'errance de sa propre solitude, ses peurs, son malêtre, et la disparition de son enfant. Les fêlures de chacun sont entremêlées.
Peter et Agnes nous prennent en otage, nous sommes impliqués physiquement dans leur appartement qui prend vite des airs de purgatoire, rythmé de sonneries stridentes et incessantes du téléphone, grésillement des insectes, bruit des pales d'un ventilateur qui se transforment en son d'un hélicoptères menaçant, on est en apnée, on devient claustrophobe. Peter sent des insectes parcourir son corps, on se démange ! Les murs recouverts d’aluminium, éclairés du bleu des lampes insecticides nous aveugle. Les dialogues obsessionnels, les cris, les convulsions, la violence, le sang nous étouffent. Nous sommes dans l'antre de la folie à l'état pur, au cœur du chaos mental.
Devant cette descente aux enfers de la paranoïa irréversible de ces deux êtres brisés, nous sommes dans un état second et seul le final viendra nous délivrer, tout comme eux.
Le temps est suspendu. Encore sous le choc !
Bug, William Friedkin 2006



