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mercredi 23 septembre 2015

Nous avons gagné ce soir (The set-up) - Robert Wise



Pour moi, et peu importe que l'œuvre soit intimiste ou grandiloquente, il n'existe que deux sortes de réalisateurs. Ceux qui nous racontent une histoire et ceux qui se la racontent. Robert Wise a toujours fait partie de la première catégorie, comme son film de 1949 Nous avons gagné ce soir (The set-up) nous le prouve encore une fois. Évincé par Le champion de Mark Robson qui sorti la même année, The set-up reste tout de même une œuvre majeure dans l'histoire du cinéma, car en plus de bien connaitre son sujet (Rober Wise étant à cette époque immergé dans le milieu de la boxe, et l'acteur principal un boxeur lui-même), il est filmé en temps réel, et l'utilisation exceptionnelle de la lumière, donne au noir et blanc une dimension à la fois tragique et poétique. Les mouvements de caméra quand à eux, restituent une vérité douloureuse et tendre, ce film est un bijou de délicatesse.


Les uppercuts, les droites, des gauches, les volées dans le foie, il en a a plein le dos Bill "Stoker" Thompson (Robert Ryan). Laminé par la vie et le ring, ce soir c'est contre son destin qu'il se bat. Alors, remportera-t-il ce combat ? Suspens....

Marqué par la haine, un autre film de R.Wise sur la boxe, tourné en 56 avec Paul Newman

Bien que l'histoire n'ai rien à voir, c'est The set-up qui a inspiré à Scorsese son Raging Bull



mercredi 15 mai 2013

La maison du Diable





Il était une fois l'histoire d'Eleanor Lance (Julie Harris), vieille fille fragile qui rêvait d'amour. Au lieu de cela, elle subissait les brimades quotidiennes de sa mère malade et possessive. A la mort de cette dernière, elle fut recueillit par sa sœur et devint l'élément encombrant du foyer jusqu'au jour où, conviée à des fins expérimentales dans un manoir....



Classique de l'épouvante de 1963, La Maison du Diable (The Haunting) de Robert Wise  est un conte romanesque morbide, étonnement interdit aux moins de 15 ans, alors que selon moi il devrait au contraire leur être obligatoire, ne serait-ce qu'à titre initiatique pour son élégance et sa pudeur si souvent oubliées de nos jours dans le cinéma et si n'est déjà fait, repère indispensable dans les écoles de cinéma tant pour ses qualités que pour ses petites maladresses (entre nous, la seule sera sa longueur). 

 
Robert Wise décrit l'invisible et l'indicible avec sa caméra comme seul H.P. Lovecraft aurait pu le faire avec sa plume, car "celui que l'on ne voit jamais" est omniprésent. Oui il existe. C'est un esprit masculin, puissant, viril. Brrr  
Il y fait régner de sa présence invisible mais quasi palpable une atmosphère érotique et sensuelle, sans absolument rien voir de salacieux (oui je viens d'inventer ce mot), c'est exquis. 


Les vues en plongée ou contre plongée de la caméra sont vertigineuses et d'un esthétisme photographique incontournable. On a le tournis.



Vous voyez, les manifestations du surnaturel sont simples, et les jeux de miroirs, les bruit de portes qui claquent, les personnages ambigües comme Theodora (Claire Bloom) et les quelques clins d’œil à de scènes cultes (psychose etc..) suffiront à Eleanor un abandon total d'elle même irréversible.


 ↓ Cadeau Bonux ↓