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jeudi 7 mars 2019
vendredi 20 septembre 2013
Alexis Colby
Vogue Hommes International : Quand avez-vous pris conscience que "Dynastie" allait bouleverser votre notoriété ?
Joan Collins : Trois ou quatre semaines après la diffusion des premiers épisodes dans lequel j'apparaissais. Je descendais Mulholland Drive au volant de ma Mercedes quand une bande de gamins de six ou sept ans m'a interpellée. Ils criaient "Alexis, Alexis..." Je les ai salués en souriant, et ils ont continués : "On te déteste, on te déteste...". En un éclair, j'ai réalisé que Alexis allait me coller à la peau.
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VHI : A quoi ressemble vos journées à Saint-Tropez ?
JC : A pas grand chose. Je suis paresseuse. Je me réveille, je mange un croissant, je lis les journaux avec mon mari, je traine au bord de la piscine, je profite des gens qui sont de passage, je fais ma gym devant MTV, j'écoute du jazz, Diana Krall, Sidney Poitier, Dalida, je tweete....
dimanche 31 mars 2013
Le Démon
Hubert Selby Jr tire une nouvelle fois la sonnette d'alarme dans son livre "Le Démon". On ne sait jamais qui se cache réellement derrière un sourire, une bienséance, alors mesdames, méfions-nous de nos rencontres, car la folie ordinaire est la plus dangereuse, elle ne se voit pas, on ne s'en méfie pas.
A travers ce livre selby démonte le mécanisme bien huilé de la pensée commune d'une génération agrippée aux mensonges proférés au nom de la liberté. Comme le disait si bien Richard Burton dans Absolution "La liberté est une bannière brandie par des gens peu scrupuleux" L'utilisation des femmes les plus naïves pour assouvir des fantasmes purement masculins peut engendrer le pire, leur docilité peut mener leur partenaire à se croire investi du pouvoir divin, Le démon en fait la démonstration. Harry va aller au bout de son expérience, s'il se libère à chaque passage à l'acte de son carcan éducatif, c'est en souillant dans son esprit celle là même qui a fait de lui celui qu'il est, à savoir LA femme, la mère.
Ainsi les femmes qui ont croisés le chemin d'Harry White pourraient bien aujourd'hui faire le chemin de Compostelle et remercier éternellement Dieu et les siens d'avoir échapper à une fin des plus tragique. Harry est le quidam au coin d'un bar, le collègue de boulot, l'homme à la queue propre, capote à la main, le parfait amant d'une nuit, enfant chéri de ses parents, jeune cadre ambitieux. Sauf que.
Pour réfréner sa surexcitation constante, il se plonge corps et âme dans son boulot. Le frisson d'un nouveau challenge, le comble, un temps. Harry cumule les heures sans compter, il est à bout. Pendant ce temps, il y a toutes ses femmes dehors qu'il pourrait souiller. Harry est malade, des entrailles au cerveau, le mal se nourrit de ses peurs, de ses angoisses, de ses névroses. Un mal terriblement lancinant, irréversible, une force irrésistible semble le pousser vers le meurtre, la folie, la mort.
Selby nous traine dans les tréfonds d'un univers peuplé de rats, et d'individus encore moindre où le respect de soi et des autres n'a plus lieu. Malgré le dégoût que son être lui inflige, Harry s'accroche à la normalité, se mari, goute au bonheur, mais inexorablement l'écriture impitoyable de Selby le ramène vers son lui le plus profond, le plus sombre.
Malgré ma répulsion lors de chapitres dont mon estomac se souviendra encore longtemps, malgré mon sommeil saccadé de cauchemars, rien à faire, la moindre seconde de temps libre était consacrée à cette torture jouissive, la lecture de ce bijou malsain. Souvent comparé avec facilité à American Psycho, Le démon mérite mieux. Point de masturbation cérébrale ici. Avec Selby c'est plutôt du côté de Taxi driver et de sa faune que ça se situe, pour le décor, et du Zola de Germinal pour le message. A la bourgeoisie qui s'est toujours crue tout permis, Selby tend un doigt bien raide auquel s'ajoute le mien.
mardi 8 janvier 2013
En crachant du haut des buildings
"Dans le snack de la 12e Avenue où j'avais l'habitude de boire mon café le matin et où beaucoup de chauffeurs de chez Rodney prenaient leurs repas, ils avaient une nouvelle serveuse, Betty. Elle faisait à peu près ma taille - un mètre soixante ou soixante-deux -mais elle pesait facilement deux cents kilos. Je m'aperçus qu'elle avait même du mal à se déplacer derrière le comptoir, tellement elle était grosse. Elle était obligé d'avancer de côté, comme un énorme crabe, pour arriver à servir ses clients.
La deuxième fois que je la vis, je ne parvins pas à détourner les yeux d'une pareille énormité. Je ne pus m'empêcher de l'étudier sous toutes les coutures. Comment se fait-il, pensai-je alors, comment se fait-il par Jésus-Christ troué de partout, que Milt ait engagé ce tas de merde à face de truie cette chose absurde et répugnante ?" Extrait du livre de Dan Fante "En crachant du haut des buildings"
Dans cet extrait qui me fait particulièrement marrer, Dan Fante est en crise aigüe de trop plein. Il ne déteste pas la vie, mais il n'accepte plus ce qu'elle lui propose. Il n'accepte plus non plus de se faire exploiter dans des boulots de merde, il en a assez du laisser aller des personnes qu'il croise, des appareils téléphoniques qui ne fonctionnent jamais comme il faudrait, de la connerie ordinaire etc etc... L'alcool calme parfois ses pensées et le manque les excitent. C'est compliqué.
Mais tout comme son père John Fante (à droite) il n'y va pas avec le dos de la cuillère. On retrouve chez lui cette même forme, bien que différente, cette réflexion vivante et sans crainte de se livrer, et bien que ses pensées vont parfois très loin, on y retrouve la même pudeur, et la même tendresse.
Dans cet extrait qui me fait particulièrement marrer, Dan Fante est en crise aigüe de trop plein. Il ne déteste pas la vie, mais il n'accepte plus ce qu'elle lui propose. Il n'accepte plus non plus de se faire exploiter dans des boulots de merde, il en a assez du laisser aller des personnes qu'il croise, des appareils téléphoniques qui ne fonctionnent jamais comme il faudrait, de la connerie ordinaire etc etc... L'alcool calme parfois ses pensées et le manque les excitent. C'est compliqué.
Mais tout comme son père John Fante (à droite) il n'y va pas avec le dos de la cuillère. On retrouve chez lui cette même forme, bien que différente, cette réflexion vivante et sans crainte de se livrer, et bien que ses pensées vont parfois très loin, on y retrouve la même pudeur, et la même tendresse.
jeudi 28 juin 2012
Tales From The Crypt
Les éditions Akileos ont eu la bonne idée de rééditer les Tales From The Crypt et comme une bonne nouvelle n'arrive jamais seule, ces histoires n'ont pas pris une ride, et ce numéro 1 regroupe celles de 1950 à 1955 publiées par EC Comics.
Les titres sont un ravissement du genre : La mort doit venir, La tombe affamée, Zombie, La chose sortie de la tombe, La croisière de la peur, la malédiction de la pleine lune, La main du Maestro (ma préférée), où intrigues, suspens, frissons, horreur, terreur, étrange se côtoient dans ces histoires courtes. Le tout servi par des dessinateurs et auteurs d'anthologie comme Al Feldstein, Gardner Fox, Bill Gaines, Johnny Graig etc, et présenté délicieusement par nos très fidèles gardiens, celui de La Crypte, du Caveau et La veille sorcière. Les amateurs du genre seront servis, les autres en redemanderont. Foncez !!
"Hello Boils and Ghouls, I'm the Crypt-Keeper"
jeudi 8 mars 2012
Bandini
Arturo Bandini 14 ans, ne se supporte pas. Il ne supporte pas sa mère, son père, sa grand-mère, ses deux frères et encore moins sa condition d'enfant d'immigrés italiens pauvres de surcroît. Il jure, il vole, assassine une poule. Mais Arturo se confesse, il est absous. Il est amoureux de Rosa et c'est pour elle qu'il vole le beau camée de sa mère précieusement gardé dans un coffre, comme si les pauvres n'avaient pas le droit de porter de tels bijoux ou même d'en posséder.
Sa mère Maria est complètement dépassée par les évènements. Non seulement la famille croule sous les dettes, mais il neige et le travail manque sacrément en cette saison pour un maçon comme Svevo son mari, et c'est à chaque fois couverte de honte qu'elle se rend chez l'épicier. L'arrivée de sa mère Donna Toscana, une femme acariâtre et cruelle, n'arrange rien ! Son mari déteste cette dernière et quitte le foyer. Maria est désespérée, elle sait qu'il va rejoindre Rocco, un vieux bellâtre, ami de Svevo, avec qui dans le passé il a partagé beuveries, jeux et femmes. Écrasée sous le poids d'un mari autoritaire, fier, cavaleur, d'une mère infecte, de dettes à n'en plus finir, des enfants à nourrir, Maria souffre. Elle égraine son rosaire à longueur de journée, implore le Tout-Puissant et tous les autres, on la retrouve l'air hagard dans sous le froid à peine vêtue, les lèvres presque bleues, elle ne se lève plus pour faire le petits déjeuner des enfants. Maria pauvre martyre, elle me fend le cœur ;) mais elle reste mon personnage préférée de toute l’œuvre de John Fante. Arturo n'en a rien à faire. Elle l'a bien voulu cette femme avec ses jambes maigres, son visage creux et triste, et ses habits élimés. Et ses deux frères, parlons-en ! August cul bénit comme sa mère Et Frédérico sale petit hypocrite ! C'est normal que son père s'en aille ! Le jour où il le voit dans une belle voiture avec Mme Hildegarde, la femme la plus riche du village il en revient pas ! Quelle classe ce papa !
Mais que fais-tu Svevo !? J'ai du lire trois fois la même page tellement je voulais pas y croire !! Mais comment peux-tu faire ça à une femme comme Maria !? Tu te prostitues tu le dis toi-même. Arturo nom de dieu fais quelque chose. Je m'en fous que tu ais tué cette poule, que tu l'ai regardé mourir sans bouger le petit doigt et que même ça avait l'air de te plaire. Je t'avertis Arturo, si tu ne fais rien j'arrête de lire.
tension est à son comble. Ce bouquin est d'une intensité, tant dans l'histoire que dans l'écriture rythmée, un vrai bonheur. Exalté, triste, tendu, ému, ou en colère, on passe par toutes les émotions. John Fante parfois cruel déborde aussi de tendresse, et va droit au cœur sans détour et ce qui me séduit le plus c'est la façon qu'il a de transcrire les sentiments diamétralement opposés que l'on peut éprouver simultanément.
Bon je me remets, et m'en ressers un autre ;)
Aspetta primavera, Bandini
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