Il y a deux jours, je regardais Laurel Canyon de Lisa Cholodenko, l'histoire d'une soixante huitarde sur le retour dépassée par son époque, face à son fils (Christian Bale) un peu plus conservateur mais apparemment pas dans son époque non plus, dans ce lieu mythique (jadis aussi) de Laurel Canyon. L'idée était bonne, le film pas mal, cependant je restais sur ma faim. J'étais passée à côté de quelque chose ? Ces plans de caméras inexistants ou intrusifs étaient-ils volontaires pour mieux en faire ressortir l'histoire ? Frances McDormand jouait-elle mal exprès pour accentuer son rôle de paumée ? Ou tout ça n'était que du bluff ? Cette réalisatrice avait néanmoins réussi à titiller ma curiosité. Alors comme au poker je demandais à voir, et me laisse tenter par un autre film de Lisa Cholodenko Tout va Bien.
Tout va bien dans le meilleur des mondes pour un couple de lesbiennes qui s'aiment jusqu'à ce que leurs deux enfants retrouvent sans le moindre effort leur père géniteur. Père au singulier, car c'est le sperme du même homme qui a fécondé les deux heureuses mamans. Même dans C'est mon choix ils n'avaient pas osé. Mais ça c'était avant, quand on témoignait avec des lunettes noires et des perruques, maintenant place au nouveau cinéma, celui qui montre tout (et surtout n'importe quoi).
Ce film qui se veut d'un nouveau genre n'est en aucun cas subversif ou pertinent. Il n'a aucune audace, et les dialogues hypra convenus prononcés avec des temps morts entre chaque mots sont une vraie souffrance. Il n'apporte rien et bien au contraire, veut nous faire avaler des couleuvres en nous démontrant qu'un couple de lesbiennes
est supérieur à un couple d'hétérosexuel. Non seulement elles offrent une éducation parfaite et idéale à leurs enfants (bien que la fille s'appelle Johnny et le garçon Laser), mais en plus on peut leur parler de tout. Elles sont plus tolérantes et compréhensives. Mais faut pas exagérer, qu'on ne leur parle pas d'homme non plus, vous savez, cet être abject au phallus toujours en érection, quelle horreur ! Il n'y en aura qu'un dans le film, et il aura droit au joli sobriquet de Spermato, on croit rêver.
Pourquoi les homosexuels qui se battent pour obtenir des droits, à savoir une reconnaissance légitime envers la société d'être considérés comme tout le monde, créént des films propagandes pro-lesbiens pour montrer qu'ils sont à part, voire supérieur ?









