Pauline (AnnaLynne McCord) n'est pas la pom-pom girl du lycée, elle n'organise pas des boums, elle ne vend pas des cookies au profits de la jeunesse catholique. Son acné et sa mauvaise posture deviennent une façon comme une autre de se faire remarquer. Ses camarades de classe la trouve bizarre et dégoutante. C'est réussi.
Marginale désaxée, obsédée par la chirurgie, elle a d'autres centres d’intérêts. Jouer au cadavre avec sa petite sœur Grace (Ariel Winter) atteinte de mucoviscidose. S'infliger des sévices corporels. Organiser froidement son dépucelage. Jouir de ses phantasmes nécrophiles. La coquetterie passe loin derrière.
Sous les yeux impuissants et lâches du père (Roger Bart), sa mère (Traci Lords), rigide et conservatrice, totalement dépassée devant le désarroi de sa fille ne lui montre que mépris et dédain. Tel un jeu de miroir désynchronisé, les relations mère-fille ne sont qu'humiliations, malaises, provocations, conflits. Pauline en a définitivement fini avec sa schizophrénie, elle est passée du côté obscur. Son monde n'est plus que souffrances, troubles hallucinatoires morbides, actes malsains. Un calvaire ordinaire et fantasque aux yeux de sa mère.
Les Monstres sont dans la maison ! Témoin du conflit des deux femmes, le père est un être résigné, soumis, un être à genoux, un enfant effrayé et dépendant.
Phylis ne se contente pas d'être castratrice, c'est aussi une mère toxique comme dirait Britney. On comprend alors (le lendemain pour ma part), le sens du titre du film : "Excision".
Grace chaque jours plus malade n'échappe pas à la règle. Sa mère la consigne dans sa chambre telle une poupée docile, elle doit se contenter d'amis virtuels, les "vrais" ne seraient que mauvaises influences et microbes.
Grace chaque jours plus malade n'échappe pas à la règle. Sa mère la consigne dans sa chambre telle une poupée docile, elle doit se contenter d'amis virtuels, les "vrais" ne seraient que mauvaises influences et microbes.
Tout va aller très vite. Grace a besoin d'une transplantation d'urgence. Noyée dans sa pathologie larvée, Pauline va agir mécaniquement. Avec précision.
Son obsession de sauver sa petite sœur ou d'éliminer cet obstacle à jamais, peut prendre enfin tout son sens. C'est dans le comble de l'horreur et de l'explosion psychique maximale que la communion tant convoité de Pauline envers sa mère va prendre forme.
Cette fin à l'esthétique sortie des Contes de la Crypte me laisse encore sous le choc toute comme Bug de Friedkin. L'essence de la poésie et de la délivrance au centre même de la folie !
Cette fin à l'esthétique sortie des Contes de la Crypte me laisse encore sous le choc toute comme Bug de Friedkin. L'essence de la poésie et de la délivrance au centre même de la folie !
Bluffage total pour le casting. Le choix des acteurs me paraissait bien audacieux voir prétentieux. Réunir John Waters, Traci lords, Malcom Mac Dowell, Ray Wise, ces acteurs sont trop connotés !
Grossière erreur ! Leur interprétation est tellement juste qu'ils se fondent dans le film, et le sublime tout court. Oublié la provocatrice ex-star du porno Traci Lords. J'ai découvert une grande actrice. Elle est au diapason et bien au-delà ! Oublié le pervers déjanté John Waters. Il est d'une sobriété exemplaire ! Les autres sont vraiment très bons : AnnaLynne McCord, Ariel Winter, Roger Bart etc etc etc... ...à suivre donc ce Richard Bates Jr, enfin si vous êtes intéressés par le genre bien entendu... ;))







