Affichage des articles dont le libellé est John Huston. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est John Huston. Afficher tous les articles

dimanche 9 février 2014

Le Malin




Le Malin (Wise Blood) est un film de John Huston de 1979, tiré du roman de Flannery O'Connor (La sagesse dans le sang de 1952), qui traite de la crainte du châtiment de Dieu et de la dictature spirituelle qui s'en suit, dans le sud des Etats-Unis où les habitants, dirigés par la culpabilité sont incessamment en quête de rédemption. 


Traumatisé par un père prédicateur au discours d'une extrême violence, Hazel Motes (Brad Dourif) refusera de croire à ce Dieu sacrifié et voudra fonder sa propre église, celle de la vérité, où les aveugles ne voient pas, les paralytiques ne marchent pas, et où les morts ne ressuscitent pas. L’Église du Christ sans le Christ. Dans sa croisade, l’œil hagard et empreint de folie, Hazel Motes prêchera la bonne parole devant un parterre de gens crédules et paumés, leur jurant de les débarrasser de tout ce qui faisait alors entrave à l'absolue vérité.



Asa Hawks (Harry Dean Stanton) faux aveugle, Sabbath Lily (Amy Wright) sa fille semi-nymphomane, et les autres personnages vont donner lieu à des situations saugrenues d'anthologie, mais je ne vous en dirais pas plus, peut-être que la frustration vous poussera au désir de le voir de vos propres yeux. Parce que les siens.... ah non, ne me forcez pas je ne dirais plus rien ! 

L'image peu raffiné et le sujet peuvent réfréner certains d'entre vous je comprends, mais je peux vous assurer que le tempérament de feu et l'ingéniosité dont fait preuve John Huston en font une satire exempte de scènes convenues et donnent place à un petit bijou exquis. Il ne va pas sans dire que certains dialogues le placerait dans la catégorie des films qui ne sortiraient pas aujourd'hui avec toute cette répression ambiante où la liberté d'expression nous est retirée un peu plus sournoisement chaque jour. 



Je salue au passage l'interprétation exceptionnelle de Brad Dourif dans la peau de ce jeune prêcheur jusqu'au-boutiste dévoré par la foi et je déplore qu'il été si souvent sous estimé. Merci à Rob Zombie de l'avoir intégrer dans Halloween 2.

mercredi 14 novembre 2012

Who's the Mystery Girl ?


"Il n'apparaît pas clairement que la beauté apporte un profit : sa nécessité culturelle ne se laisse pas discerner et cependant on ne saurait en concevoir l'absence dans la culture" Sigmund Freud

 


2ème indice :

"Tu vois ?... cet homme est ton père." 
...c'était un matin magique, intense et aveuglant, éblouissant de blancheur, à Venice Beach, en Californie. Un vent venu de l'Océan Pacifique, vif, frais, mordant, ne sentant qu'à peine l'odeur habituelle de pourriture saumâtre et de débris échoués. Et portée, semblait-il, par ce vent même, Mère arriva. Mère avec son visage émacié, ses lèvres rouges voluptueuses, ses sourcils épilés tracés au crayon, qui venait me chercher...Mère ! Mère sentait si bon que ça vous faisait tourner la tête, comme le goût du citron chaud sucré.






Il s'agissait bien de Marilyn Monroe, ou de Norma Jeane Baker, ou de Aimee Semple McPherson comme il est précisé dans le roman "Blonde" de Carol Oates, d'où sont tirés les extraits au dessus ainsi que la citation de Sigmund Freud.
Ce livre se dévore mais le passage où la mère de Norma Jeane vient d'être internée, m'oblige de faire une pause. Gladys est une femme fantasque, très fragile, et de ce fait extrêmement attachante. Norma Jeane se voit donc confiée à une amie proche de Gladys durant une dizaine de jours, et placée par la suite dans un orphelinat. Autant dire que ce moment est très douloureux et violent, car les violons des orchestres philharmoniques de la Metro Goldwyn Mayer viennent s'entrechoquer dans notre cerveau et brouille notre vue, car c'est nous qui sommes assis à l'arrière de la voiture qui mène au "refuge" et qui nous agrippons à notre poupée défraichie !   


 
Un silence absolu règne dans la salle de répétition tandis que Marilyn et imite l'immobilité du sommeil, la respiration profonde, lente, régulière (sa cage thoracique et ses seins montent, retombent, montent, retombent), bras satinés et jambes gainées de Nylon étendus dans l'abandon d'un sommeil profond comme l'hypnose. "C'était aussi franc et intime que ces doigts sur mes couilles. J'en garderais l'impression que cela s'était effectivement produit. Elle ne jouait pas. Elle ne savait pas jouer. Mais était-ce si sûr" ?

Onze ans plus tard, John Huston travaillerait avec elle sur le dernier film de sa carrière.