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jeudi 14 mars 2013

Bug



Un paranoïaque aigüe (Michael Shannon) trouve le réceptacle à son tourment chez une jeune femme paumée (Ashley Judd), elle même recluse dans l'errance de sa propre solitude, ses peurs, son malêtre, et la disparition de son enfant. Les fêlures de chacun sont entremêlées.

Peter et Agnes nous prennent en otage, nous sommes impliqués physiquement dans leur appartement qui prend vite des airs de purgatoire, rythmé de sonneries stridentes et incessantes du téléphone, grésillement des insectes, bruit des pales d'un ventilateur qui se transforment en son d'un hélicoptères menaçant, on est en apnée, on devient claustrophobe. Peter sent des insectes parcourir son corps, on se démange ! Les murs recouverts d’aluminium, éclairés du bleu des lampes insecticides nous aveugle. Les dialogues obsessionnels, les cris, les convulsions, la violence, le sang nous étouffent. Nous sommes dans l'antre de la folie à l'état pur, au cœur du chaos mental.

 
Devant cette descente aux enfers de la paranoïa irréversible de ces deux êtres brisés, nous sommes dans un état second et seul le final viendra nous délivrer, tout comme eux.


Le temps est suspendu Encore sous le choc !


Bug, William Friedkin 2006

mardi 11 septembre 2012

Le soir des lions, le matin ..... des moutons



Dans les années 50, les Wheeler, un petit couple exemplaire de réussite sociale, s'installent dans un pavillon d'une résidence cossue. Frank (Leonardo Di Caprio) est un employé modèle dans une entreprise où son père l'était déjà des années auparavant, et April (Kate Winslet) sa jeune femme, affiche l'air d'une jeune femme comblée, toujours tirée à quatre épingles, tenant bien sa maison..................pourtant une sorte d'angoisse sous-jacente émane de cet apparent bonheur. 


Et pour sur ! 
Il suffit d'une phrase anodine et même presque de politesse de Helen Givins (Kathy Bates), agent immobilier qui leur fait visiter leur future résidence dans Revolutionary Road comme "je savais que vous étiez différent" suffit pour déclencher l'irréversible. 



April constate que les rêves anticonformistes dont ils s'étaient bercés étant jeunes se sont dissipés sous le couvert d'une vie   confortable, et qu'ils deviennent insidieusement l'exact contraire de leurs idéaux. Malgré des tentatives avortées (et c'est rien de le dire) de sortir ce quotidien ennuyeux, le climat s'épaissit jusqu'à l'étouffement. C'est une véritable asphyxie, comment ce couple qui s'est toujours proclamé si différent va se sortir de ce marasme...? 



Avant Revolutionary Road, Sam Mendes avait un peu traité du même sujet avec American Beauty, où Lester Burnhamm (Kevin Spacey) père de famille respectable, lui aussi installé dans une résidence des plus coquettes, est rattrapé par ses vieux rêves qu'il avait refoulés jusqu'alors. Le même constat de manque de courage de n'être allé au bout des ses illusions, esclave de son enfermement dans un quotidien construit petit à petit de politesse de non-dit et de frustrations.  
Malgré le désarroi et la fin tragique de ces deux couples, on se demande s'ils auraient été plus heureux si la vie avait été autrement pour eux.....