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mardi 19 février 2013

Le Schpountz


"Un Schpountz n'est pas un idiot. Un Schpountz raisonne parfaitement sur toutes choses, il vit comme tout le monde, il a même du bon sens. Sauf en ce qui concerne le cinéma. Et quand il s'est mis dans la tête qu'il ressemble à un grand acteur, il le croira toute sa vie. Et on peut leur faire toutes blagues possibles, ils ne s'en apercevront jamais qu'on se moque d'eux".

"Tout condamné à mort aura la tête tranchée" est la phrase qu'Iréné décline, tantôt tragique, pathétique ou même comique, pour montrer l'étendu de son talent d'acteur, à un parterre de gens du cinéma, moqueurs, parisiens de leur état. Cette histoire aurait pu être celle du Corbeau et du Renard, mais cet Iréné là, lui le fromage il ne l'a pas fait tomber, il l'a savouré et s'en est même délecté, car sous son air naïf et prétentieux, il y a au fond un être ambitieux, sain, aveuglé par sa passion pour le grand écran mais sûr de son originalité  "...je vais faire une entrée pas ordinaire, d'ailleurs je vais leur porter le coup de j'arnaque, la raie au milieu..."



Ne vous laissez pas intimider par le fait que ce soit un film de 1938 en noir et blanc. Le Schpountz est joyeux, profond, bien rythmé par les faces à faces d'Irené (Fernandel) et son oncle (Fernand Charpin), des expressions comme on en fait plus , et des tirades qui valent bien plus que leur pesant d'or ;) C'est du grand art, du Pagnol !


Marcel Pagnol déborde d'humanisme et c'est avec beaucoup d'amour et d'empathie qu'il filme la nature humaine et ses petits travers avec la même passion  exacerbée de Méditerranéen que l'on retrouve chez John Fante (en plus ce cette ressemblance physique assez bluffante). Mais contrairement à Fante poursuivi par une sorte de fatalité qui fera de lui un paria dans le monde de l'écriture ainsi qu'un subalterne dans celui du cinéma, Pagnol lui, fort du succès de ses livres bâtira son indépendance en créant son propre studio, sa compagnie de distribution, ses laboratoires, ses salles de projection ainsi que sa propre famille de techniciens et d'acteurs ô combien indissociable de son univers.     


Dans La femme du Boulanger, Raimu, un de ses acteurs fétiches, nous touche de part son physique débonnaire et sa bonté d'âme, nous émeut aux larmes sans pour autant que l'on éprouve de pitié pour ce boulanger pourtant affublé de cornes de chef de gare ;) 



Les dialogues de tous ces films (La fille du puisatier, La Trilogie Marius-Fanny-César, etc...) sont réglés comme de l'orfèvrerie, je pourrais les écouter pendant des heures sans même voir les images qui les habillent. Ça me rassure que ces livres soient encore étudiés dans les écoles y compris à l'étranger.




Pagnol, homme aux talents multiples, va droit au cœur grâce à sa sincérité sans borne pavée de bonnes intentions. Inventif et volontaire à une époque où le cinéma était considéré par les Grands du Théâtre comme un refuge de médiocres prêt à trahir leur Art si pompeux pour une vulgarité de celluloïd. Pagnol choisira de leur dire merde, moi aussi.

Comme la musique adoucit les mœurs, l'accent marseillais des écrits de Pagnol couvre d'un voile de pudeur les épaules nues des filles perdues. Les hommes accrochés, pour un temps encore, au sens de l'honneur n'en perdent pas pour autant ce cœur et cette indéfinissable tendresse que seule permet la sincérité des sentiments d'amour les plus profonds. Maris cocufiés, pères bafoués, tous, au delà des éclats de voix, des verres brisés, des strangulations grandiloquentes aussi fréquentes que les poignées de mains, sortent grandis de situations qui après les déchirures, cimentent un peu plus encore leurs liens, non plus juste parce qu'ils sont de la même famille mais parce qu'ils se sont choisis et révélés les uns aux autres.
   



samedi 29 décembre 2012

La loi du Silence (I Confess)



Montgomery Clift  quoi ! Le beau Monty dans le rôle du prêtre qui nous glace le sang et nous fait bouillir de tant de loyauté, de clémence, d'empathie, envers son prochain. Si c'est pas du gâchis pour l'humanité ça !  Au confessionnal un homme avoue un meurtre. Cet homme, le prête l'avait engagé quelques temps auparavant lui et sa femme en qualité de "concierges" de l'église. La police fait son entrée et l'étau de culpabilité se resserre sur le prêtre, car le sale homme avait vêtu une soutane pour commettre son homicide, au cas où, hé ! D'où le proverbe : Fais du bien à Bertrand, il te le rend en chiant. 


Il portera jusqu'au bout cette confession comme une croix de 10 tonnes, même si elle devait le conduire droit sur l’échafaud.  Un temps, il s'interroge. Si je quittais l'église, je ne serais plus tenu par le secret, cela me sauverait la vie. Ben non, la foi l'emporte, et si la justice des hommes n'est pas la meilleure, c'est à celle de Dieu qu'il s'en remettra. Un vrai gâchis ! 




Monty est impressionnant par ses expressions, d'un regard il fait naître la douleur, la souffrance, l'impuissance de faire reconnaître son innocence, du renoncement, de l'acceptation à un verdict injuste.
Quant à Camille Guérini (O. E. Hasse à droite) l'assassin crapuleux, joue tellement bien son rôle de salaud, qu'on a vraiment envie que la vérité éclate !



 
Anne Baxter, (que j'avais récemment vu dans Eve une super satire sur le cinéma et les actrices, au côté de Bette Davis), est ici au diapason, en campant l'amoureuse secrète et passionnée du prêtre, ainsi qu'un de mes acteurs fétiches Karl Malden, qui lui interprète un flic avec toujours autant de justesse. La loi du Silence (I Confess) 1953  Hitchcock, c'est la foi contre le pragmatisme, etc... 


Au nom de la foi,  je le confesse : Un Chef d’Oeuvre !
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Un biopic nommé Hitchcock va bientôt sortir, qui racontera le tournage de Psychose, avec Anthony Hopkins dans le rôle du grand maître du suspens Alfred Hitchcock et Scarlett Johansson dans celui de Janet leigh. Je n'ai rien contre elle, autant je la trouvais crédible dans Ghost World, ou même Match Point de Woody Allen, mais je trouve  qu'elle est totalement dénuée de talent pour incarner ce genre de rôle, comme celui qu'on lui a attribué dans Avengers d'ailleurs. Contrairement à Janet Leigh qui est d'une froideur aussi glaciale qu'inquiétante,  Scarlett Johanson  a le physique mou et l'impression d'avoir toujours la bouche à moitié pleine....

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jeudi 18 octobre 2012

Evin ça craint !



Ça fait un moment que je ne voyais plus le petit kit pour enfants paquet de cigarette, briquet et pipe en plastique en tête de gondole, et pour cause, je viens d'apprendre avec un train de retard,  que les cigarettes en chocolat ne sont plus dans le commerce depuis 1995 suite à une interdiction de la loi Evin. 


Le chocolat était pas terrible, surtout qu'il était souvent mélangé au papier qu'on avait du mal a ôter une fois mouillé, mais c'était quand même bien marrant d'avoir sa St Georges ou sa Gorbatchow au bec ;)
Il en existait au chewing gum aussi, turquoise pale, celles- là étaient délicieuses ;) 
Honnêtement j'ai du mal à croire qu'il y aurait la moindre corrélation entre un enfant mangeur de cigarettes en chocolat, et un futur fumeur. On a tous joué avec des pistolets on est pas devenus pour autant des assassins. Evin ça craint ! ;)  

jeudi 11 octobre 2012

Rock of Ages ou le Caprice d'une Star Mégalo



Ni Alec Baldwin, ni Russel Brand n'ont réussi à sauver Rock of Ages du naufrage. Pourtant un film qui parle du Heavy Metal dans les années 80 y avait de quoi s'amuser tout de même ! Def Leppard, Joan Jett, Journey, Foreigner, Bon Jovi, Night Ranger, REO Speedwagon, Pat Benatar, Twisted Sister, Poison, Whitesnake....mais non ! Ici l’Ode du ridicule visuel et du jeu sans relief. 

Je ne mettrais pas de photo de Tom Cruise qui est déjà un cliché à lui tout seul.  Regardez moi, je suis une rock star, je bois du visky, j'ai un bandeau sur les cheveux, des tatouages, des gros bijoux, des bracelets et ceintures à clous, des chaines et plein de pétasses autour de moi.
Tom Cruise restera au heavy metal ce que Tati sera pour la haute couture.


 

En attendant, je me régale d'écouter un  Mamie Van Doren reçu ce matin. Pour la petite histoire la ravissante blonde platine avait refusé (à l'age de 16 ans) les avances de Howard Hughes, patron de RKO à l'époque, tout en sachant qu'elle risquait d'être reléguée à des rôles aussi futiles qu'inutiles, ce qui ne fut pas le cas de bien d'autres actrices débutantes du moment. Bravo Mamie ! :))

dimanche 12 août 2012

Red Headed Woman


Dans Romance and Cigarettes Steve Buscemi explique à James Gandolfini la particularité des rousses : "elles sont beaucoup plus sensibles que les brunes ou blondes, c'est prouvé, lors d'une opération il leur faudra beaucoup plus d'anesthésiant" ;)

mardi 7 août 2012

Le cinéma en famille


"Je ne suis pas d'accord avec l'idée selon laquelle un comédien est libre de ses mouvements, qu'il a un statut de freelance, avec un ou plusieurs agents, un attaché de presse etc.. Cet individualisme tue le métier. A partir du moment où tu ne fais plus partie d'une famille au sens presque mafieux du terme, c'est le règne de l'individualisme". Michael Madsen




Je pense la même chose, et les exemples ne manquent pas, c'est pour moi LA signature d'un réalisateur d'exception de bien savoir s'entourer, et quand on tient le bon acteur, le bon compositeur, le bon directeur photographique etc, pourquoi aller chez le voisin voir si l'herbe est plus verte ? 
Dans le vrai cinéma, celui qui ne vieillit pas, c'est un véritable chassé-croisé de même noms que l'on retrouve à l'infini. 


 


Autant que Michel Simon eut été l'acteur fétiche de Sacha Guitry, Julien Duvivier, Claude Berry, les Billy Wilder, Blake Adwards, et Richard Quine avaient eux Jack Lemmon.  Le respect est mutuel, comme dans ce touchant hommage au générique de La Poison entre Guitry et Michel Simon (amis dans la vie). 

Avec une combinaison pareille comment ne pas évoquer Henri Verneuil et ses acteurs de haute voltige comme jean Gabin, Lino Ventura, Alain Delon, et tiens, Michel Simon dans Brelan d'as ! Bizarre ? Mais pas du tout !



C'est aussi pour la même raison que les films de Sergio Leone ont si bien fonctionné. Quand on confie la musique dans les mains du maestro Ennio Morricone,  que l'on y ajoute des acteurs comme Clint Eastwood, Lee Marvin, Gian Maria Volonte, James Coburn, ou Lee Van Cleef, comment se rater ? Le spectateur est conquis d'avance, il se crée ainsi une complicité et un lien quasi filial.



Et le grand, l'immense, le séducteur, le solide John Wayne dont John Ford, Robert N. Bradbury, Henri Hataway et bien d'autre avaient compris qu'il représentait à lui tout seul les valeurs sans détours d'une république quelques fois oubliée par les uns mais si précieuse pour les autres, seraient peut-être passés à côté avec un autre que lui...




Il y en a d'autres encore comme Brian de Palma par exemple que j'affectionne particulièrement, mais je finirais par les frères Coen. Pas de mystère, la formule est la même ! Le même compositeur Carter Burwell sur tous les films excepté O'Brother, Roger Deadkins comme directeur photo, et des acteurs John Goodman, Buscemi, Jon Polito, Holly Hunter, Frances McDormand, James Gandolfini, Turturro....  avec ce dernier qui réalise le magnifique Romance and Cigarettes avec encore Gandolfini, et je vous le donne en mille, qui en sont les producteurs.....les Frères COEN !! Hé oui ! 



mercredi 27 juin 2012

Un jour, une expression

 Augmentation du prix des cigarettes en Septembre

A

 L'état pousserait-t-il délibérément ses gentilles vaches à lait
que nous sommes dans les affres bras de la contrebande et du marché noir ..!?