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mercredi 11 mai 2016

Les gens de la pluie




Natalie (Shirley Knight) est en pleine confusion mentale. Avec l'annonce de cette nouvelle grossesse, sa vie serait déjà écrite ? Elle aurait un enfant, ou peut-être deux, puis un jour, son mari la tromperait -il paraît que ça se fait beaucoup chez les gens sans problèmes-, puis elle lui pardonnerait, et ils continueraient ainsi leur train-train sans que jamais, rien de spécial ne lui soit jamais arrivé à elle !? Alors elle part. Sans rien dire à personne. Sans laisser d'adresse. 


Sur la route elle rencontre Jimmy (James Caan). C'est un bel homme, mais doté d'un sérieux pet au casque qui l'a rendu aussi innocent que l'agneau qui vient de naître. Trouvera-t-elle les réponses à ses côtés ou devra-t-elle ainsi continuer à errer pour mieux se retrouver ? On l'ignore. Et c'est la force de ce film. Il y a une atmosphère singulière qui laisse tout supposer, d'autant plus qu'un troisième protagoniste vient se glisser dans l'histoire.... un flic nommé Gordon, qui n'est autre que Robert Duvall himself !


La solitude va côtoyer l'ennui, et les jeux de miroirs, nos inquiétudes et nos désirs. Ce film est d'une beauté époustouflante. Pas une fresque péplumesque dont Coppola a fait preuve avec Apocalypse Now, mais une œuvre très intimiste, du côté de Rusty James ou de Conversation secrète, et surtout très très Hitchcockienne. C'est aussi sa première collaboration avec Georges Lucas. Sorti en 1969, Les gens de la pluie (The rain people) est incontestablement le chef d'œuvre de Francis Ford Coppola.



lundi 14 décembre 2015

Dersou Ouzala




L'homme prend toujours plus que ce dont il a besoin. De cette quête avide (comprenant la surproduction, la surconsommation et la surconstruction), il est seul responsable de la disparition de milliers d'espèces (faune et flore confondues) qui constituent l'équilibre vital de notre écosystème. Longtemps j'ai cru en sa nature profonde de bonté, de clairvoyance et d'intelligence, aujourd'hui je le hais. Je hais cet être égoïste et aveugle. Car malgré la lucidité sur les conséquences désastreuses de ces actes irréfléchis, il refuse de mettre son pessimisme au profit de son intelligence. Voilà de quoi nous parle Wolfen de Michael Wadleigh. Voilà de quoi nous parle La forêt d'émeraude de John Boorman. Voilà de quoi nous parle Avatar de James Cameron. 


Et voilà de quoi nous parle aussi Akira Kurosawa (en beaucoup moins énervé que moi je vous rassure ;p) dans son film de 1975 Dersou Ouzala d'après le récit autobiographique de Vladimir Arseniev, où lors de son expédition en Extrême-Orient russe pour des prélèvement topographiques, ce dernier fera la connaissance en pleine taïga, d'un vieux trappeur qui lui servira de guide.


Dans notre ligne d'horizon pour le moins brouillée, Dersou Ouzala est une fable, une respiration, une poésie, avec plusieurs niveaux de lecture. Nous sommes à dix mille lieux des documentaires anxiogènes produits par des imposteurs habitant des maisons cossues tout confort qui nous parlent d'écologie.


Akira Kurosawa a pour moi une importance capitale dans l'histoire du cinéma et sachez chers amis, que Coppola, Scorsese, Lucas ou Spielberg... sont du même avis ;)


P.S. : Il passe ce soir au ciné-club sur France 2. A vos magnétoscopes !